Illustration : les aides existantes à l’automne 2019 en Ile-de-France

La Région Ile-de-France mise sur le VAE, avec Véligo et une aide de 500 € à venir

Valérie Pécresse, en sa qualité de Présidente d’Ile-de-France Mobilités, a annoncé il y a quelques jours la mise en place pour février 2020 d’une subvention à l’achat de vélos à assistance électrique (VAE) pour tous les Franciliens, sans condition de ressources.

Cette aide de 500 euros maximum, plafonnée à 50% du prix du vélo, sera cumulable avec des aides locales. Cependant le cumul ne pourra pas dépasser les 500 euros. Par exemple, à Paris, où un VAE est subventionné à hauteur de 400 euros, le « bonus » régional s’élèvera à 100 euros.

Ce dispositif complètera le service Véligo, venant d’être inauguré, et qui propose aux Franciliens la location de VAE pour une durée de 6 mois, à 40 euros par mois. Ils seront ensuite invités à passer à l’achat en utilisant la future prime régionale.

 » J’ai décidé de mettre en place cette aide massive pour permette à un maximum de Franciliens, quels que soient leurs revenus, de se convertir définitivement au vélo après avoir essayé Véligo Location. » Valérie Pécresse

Et pour les pros ?

Les sociétés ne sont pas éligibles à ces programmes. Tout juste est-il permis aux chefs d’entreprises de prendre en charge l’abonnement mensuel de Véligo à hauteur de 50 %, seul ou en complément de l’abonnement Navigo, pour les voyageurs faisant des trajets intermodaux.

Concernant l‘aide de la Région pour l’acquisition de véhicules « propres » (pouvant aller de 1500 euros HT  à 9000 euros HT, cumulable avec les généreuses aides de l’Etat), les vélos, y compris cargo, ne sont pas éligibles à ce jour. Il semble que les véhicules qui ne sont pas dotés de cartes grises ne soient pas considérés par les services régionaux.

Nul doute que l’Association les Boîtes à Vélo Paris et Ile de France s’emparera très prochainement du sujet.

L’Etat ne se sent pas vraiment concerné

Le « bonus vélo » proposé par l’Etat, de seulement 200 euros, est soumis à plusieurs conditions qui le rendent quasi inaccessible. Il convient en effet d’avoir été non imposable sur les revenus l’année précédant l’achat ET de pouvoir justifier d’une subvention obtenue auprès de la collectivité locale dont dépend le demandeur. Le tout avec un plafond global de 200 euros ! Or il n’y a à notre connaissance que 3 communes en Ile-de-France qui proposent des aides inférieures à ce montant : Sceaux, Nanterre, et Fontenay-sous-Bois. Dans tous les cas, dès la mise en place de l’aide Régionale, celle de l’Etat sera caduque.

On est très, très loin du Bonus dit « écologique » qui pour l’acquisition d’un 2 roues motorisé et d’une voiture électriques propose une aide de 27% du prix d’achat plafonnée respectivement à 900 euros et 6000 euros. Le tout accessible aux ménages et aux entreprises sans conditions, et pour de la location longue durée également.

Cette différence de traitement n’est-elle pas le signe que l’Etat préfère encore soutenir massivement l’industrie automobile et laisser aux collectivités locales le soin de s’occuper de la question du vélo ?

Et pour les pros ?

Pour un « Bonus Vélo » octroyé par l’Etat, il faudra encore patienter. Pour le moment, celui-ci semble considérer que ce n’est pas de son ressort. La raison est-elle à nouveau que les vélos ne possèdent pas de carte grise ?

Heureusement, depuis janvier 2019, l’Etat a mis en place une fiscalité avantageuses pour les investissements liés aux vélos dans les entreprises, comme nous l’abordions dans un précédent article.

Quelques communes de la première Couronne se sont emparées du sujet

Citons, du moins bon au meilleur élève, les collectivités qui aident à l’achat de VAE (les vélos musculaires ne sont malheureusement pas concernés) :

A Sceaux, une aide de 20% du prix d’achat, dans la limite de 100 euros est attribuée aux ménages sans conditions de ressources.

A Nanterre, une aide de 5% à 20% du prix d’achat, dans la limite de 200 euros est attribuée aux ménages selon la catégorie fiscale du foyer.

A Fontenay-sous-Bois, l’aide peut attendre 70% du prix d’achat, dans la limite de 400 euros, et dépend du quotient familial.

A Rueil-Malmaison, l’aide peut atteindre 40% du prix d’achat, dans la limite de 500 euros, et dépend du quotient familial.

Enfin Grand Paris Seine Ouest, qui regroupe les communes de Boulogne-Billancourt, Chaville, Issy-les-Moulineaux, Marnes-la-Coquette, Meudon, Sèvres, Vanves et Ville-d’Avray, propose une aide de 200 euros pour l’achat d’un VAE. Cette aide s’adresse aux ménages, sans condition de ressources.

Parmi ces villes, Boulogne-Billancourt, Meudon et Sèvres ont décidé de doubler la mise, soit une aide totale de 400 euros.

Il est intéressant de noter que, parmi les départements limitrophe de Paris : les Hauts-de Seine (92) sont richement dotés, le Val-de-Marne (94) est sauvé in-extremis par Fontenay-sous-bois et la Seine Saint-Denis (93) est absente.

Le VAE est-il un véhicule de riches ? Ce n’est pas l’avis d’Ile-de-France Mobilités, qui a annoncé l’aide de 500 euros citée en début d’article, et qui assurera une équité sur toute la Métropole.

Et pour les pros ?

Aucune ville d’Ile-de-France ne prend en charge les investissements. La mise en place d’une aide de la Région, dans le cadre de son programme d’aide à l’achat de véhicules propres, serait une bonne manière de combler ce vide. A bon entendeur.

Paris conserve une longueur d’avance, et notamment pour les pros

La ville de Paris a décidé de diviser son programme d’aides en 2 catégories : une pour les particuliers et une pour les entreprises. Paris intègre également une catégorie vélos-cargo, ce qui est un grand pas. L’objectif est de prendre en compte le fait qu’un vélo-cargo peut coûter beaucoup plus cher qu’un vélo classique.

Les plafonds pour les particuliers : 400 euros pour les VAE et 600 euros pour les vélos-cargo, à assistance électrique ou non.

Et pour les pros ?

Pour les professionnels, le plafond de subvention de la Ville de Paris monte  à 1200 euros pour les vélos-cargo. Il reste à 400 euros pour les VAE. Un tel montant, inédit en France, a été obtenu grâce à l’implication de l’Association Les Boîtes à Vélo Paris et IDF que nous avons co-fondé.

Pour les remorques et autres aménagements, il faudra encore patienter :

A Paris, où l’association Les Boîtes à Vélo Paris et Ile-de-France agit en bonne intelligence avec le cabinet de Christophe Najdoski, il avait été évoqué que les remorques, qui sont très souvent ajoutées aux vélos des pros, et qui peuvent coûter très cher, deviennent éligibles à une subvention.

Cela, malheureusement, ne se fera pas lors du mandat actuel. Mais nul doute que l’Association reviendra à la charge après les municipales de 2020 !

En conclusion

Même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que les vélos utilitaires et cargo soient pris en compte à tous les échelons du territoire, cela n’enlève en rien leurs nombreux avantages. Parmi ceux-ci, leur coût à l’achat et surtout à l’usage, reste imbattable, y compris malgré le désavantage généré par les bonus écologiques dédiés aux véhicules motorisés.

Sources :